Mythe ou réalité ?
Les cryptomonnaies sont souvent accusées d’être un vecteur majeur du crime financier, mais est-ce bien la réalité?
Une perception erronée
Les données montrent une réalité bien différente :
- Les transactions illicites en cryptomonnaies représentaient seulement 0,34 % du volume total transigé en 2020, soit 10 milliards de dollars sur 2 940 milliards.
- En comparaison, entre 2 % et 5 % du PIB mondial (soit 1 930 à 4 830 milliards de dollars) sont liés à des flux financiers illicites, majoritairement en monnaies fiduciaires.
- Les flux financiers illicites passant par le système bancaire traditionnel sont de 193 à 483 fois supérieurs à ceux passant par les cryptomonnaies.
- Les banques restent le principal canal du blanchiment d’argent : en octobre 2024, TD Bank a écopé d’une amende record de 3,09 milliards de dollars pour manquements en matière de lutte contre le blanchiment.
Le mythe de l’anonymat et de l’impunité
Contrairement aux idées reçues, les transactions en Bitcoin et autres cryptos sont pseudonymes et non anonymes. Chaque transaction est enregistrée sur une blockchain publique, immuable et accessible à tous. Une fois qu’une identité est associée à une adresse, il devient possible de retracer l’historique des fonds.
Les plateformes d’échange réglementées, comme Coinbase ou Shakepay, imposent des procédures KYC (Know Your Customer), permettant aux autorités de surveiller les transactions suspectes. Certaines juridictions, comme le Canada, imposent des seuils de déclaration pour les retraits, renforçant ainsi la surveillance.
Criminalité et cryptos : un phénomène marginal
Les principales formes de criminalité impliquant les cryptos concernent :
- Les SCAMS, arnaques et fraudes, notamment les systèmes de Ponzi et prise en charge par de faux courtiers en placement.
- Les transactions sur le darknet, liées à la vente de produits illicites.
- Les ransomwares, où des hackers exigent des paiements en cryptos.
- Le blanchiment d’argent, bien que la traçabilité des blockchains rende ces opérations risquées.
Cependant, ces usages restent marginaux comparés à l’ampleur du crime financier dans le système bancaire.
Comparaison avec le système bancaire
Si l’on compare avec le secteur bancaire, il est clair que les cryptomonnaies ne sont pas le principal outil du crime financier. De nombreuses grandes banques ont été impliquées dans des scandales de blanchiment à grande échelle. Par exemple :
- HSBC a été condamnée pour avoir permis le blanchiment de milliards de dollars issus du narcotrafic mexicain.
- En 2024, la TD Bank a été sanctionnée à hauteur de 3,09 milliards de dollars aux États-Unis pour des manquements graves.
L’immuabilité de la blockchain rend la dissimulation des transactions bien plus complexe qu’on ne le pense. Comme le disent certains experts :
« Pour blanchir de l’argent, il faut une charte bancaire, pas du Bitcoin ! »
En conclusion
Les cryptomonnaies sont souvent diabolisées, mais les données montrent une réalité bien différente.
Avec moins de 0,5 % de transactions illicites, elles sont bien loin des niveaux observés dans le système bancaire. De plus, la régulation s’améliore et les outils de surveillance rendent l’usage illégal de plus en plus difficile.
Plutôt que de pointer du doigt les cryptos comme un outil du crime organisé, il serait plus pertinent d’améliorer la transparence du système bancaire global et de poursuivre les efforts pour une régulation équilibrée des cryptomonnaies.

